A Buhumuza, les membres des coopératives soutenues par le projet PARE COVID, mis en œuvre par la CAPAD en partenariat avec ISABU, IITA, CSA, AGROBIOTEC, SOCOPA, avec le financement du GAFSP sous la supervision du FIDA, témoignent d’un changement profond dans leur quotidien.
Le projet accompagne neuf coopératives des communes de Mishiha, Gisuru, Cendajuru, Gisagara, Ruyigi et Kinyinya (selon l’ancienne délimitation administrative). Parmi elles, sept ont déjà atteint un haut niveau d’autonomisation et professionnalisation. La coopérative SHIRUKUBUTE à Gisuru illustre particulièrement ces avancées.
« Nous avons reçu des plants de bananiers et des semences de haricots. Depuis, la vie des membres a changé. Grâce à la participation active de nos membres, nous avons acheté deux hectares de terrain et y avons planté des palmiers à huile», explique Cubwa Avito, président de la coopérative.
Des chiffres qui parlent :
* 284 084 vitro plants de bananes (à jus, à cuire et à dessert avec des variétés riches en vitamine A) distribués,
* 31 657 plants fruitiers (prunier du Japon, Maracuja et Jacquier) remis à 4 767 ménages,
* 33 366 kg de semences de haricots bio certifiés (Kinure, Musore, Mukungugu et Rufutamadeni) distribués à 4 433 producteurs,
* Et pour la saison A 2026, 6 924,6 kg de haricots partagés via la chaîne de solidarité.
« Avec 8 kg de semences Kinure, j’ai récolté 150 kg de haricots. J’ai pu acheter des porcs et investi dans le petit commerce de ma femme. De la coopérative, j’ai reçu 45 plants de bananiers pour mon petit lopin de terre. Aujourd’hui, j’ai acheté un autre terrain grâce à la vente des bananes. La Mutuelle de Solidarité (MUSO) m’a appris à épargner et, grâce à elle, nous avons une assurance maladie (CAM) », témoigne Congera Ezekiel, père de huit enfants, membre de la coopérative Shirukubute, à Gisuru.
Au-delà des appuis agricoles, le projet a aussi renforcé la participation citoyenne.
« Grâce à la coopérative, j’ai appris à m’exprimer et à prendre la parole en public. Les formations en leadership et gouvernance m’ont donné la confiance nécessaire pour convaincre et défendre mes idées. Aujourd’hui, cette expérience m’a permis d’être élue sur ma colline. Le projet nous a offert bien plus que des semences : il nous a donné une voix et une ouverture d’esprit », confie Murekatete Jacqueline, membre de la coopérative DUKUZABARIMYI à Mishiha.
Les bénéficiaires rencontrés à Mishiha, Cendajuru, Gisuru et Kinyinya lors de l’évaluation des effets et impacts du projet PARE-COVID soulignent qu’en plus des plants de bananier et semences de haricots, ils ont appris à :
* Construire des composts en tas pour améliorer la fertilité des sols,
* Utiliser le paillage et l’agroforesterie pour protéger les terres contre l’érosion,
* Pratiquer l’association et la rotation des cultures pour limiter les ravageurs et diversifier la production,
* Employer des engrais verts (comme le tithonia) et des biofertilisants,
* Valoriser les urines animales et humaines comme fertilisant naturel.
Selon Eliezel Mugisha, coordinateur du projet, l’initiative est née du constat que la pandémie avait paralysé les activités économiques, en particulier dans les zones frontalières où les habitants dépendaient des échanges avec les pays voisins pour leur survie mais aussi de la disparition progressive de la bananeraie au Burundi suite aux maladies. « Nous avons voulu offrir une alternative durable en renforçant la sécurité alimentaire et les revenus des ménages à travers le développement de la filière banane et haricot ainsi que la promotion des pratiques agro écologiques et professionnalisation des coopératives agricoles membres de la CAPAD », explique-t-il.
De son côté, Melchiade Ntahondereye, Directeur provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage à Buhumuza, confirme :
« Ce projet a contribué au développement, tant sur le plan de la production que de la santé des bénéficiaires. Avant, la culture de la banane était en voie d’extinction dans notre région. Les vitro plants ont permis de relancer les bananeraies. Aujourd’hui, la banane est de retour sur nos marchés, preuve que l’objectif est atteint. Il serait opportun d’étendre ce projet à d’autres communes de Buhumuza, d’autant plus que la province s’est agrandie. »
Prêt à travailler avec nous ? Écrivons nous.
Avenue du Cinquantenaire numero 03